Comprendre la révolte des Camisards PDF

Jean Cavalier, chef camisard, peinture de Pierre-Antoine Labouchère, 1864. La guerre des Cévennes ou guerre des Camisards est un soulèvement de paysans protestants dans les Cévennes et Bas-Languedoc sous le règne de Louis Comprendre la révolte des Camisards PDF. Les combats furent particulièrement nombreux de septembre 1702 à avril 1704.


La révolte des Camisards a défrayé la chronique entre 1702 et 1704, au temps du «Roi-Soleil». Alors que la religion réformée était interdite en France et que la pression se durcissait, des protestants des Cévennes, jeunes paysans et cardeurs de laine, ont pris les armes pour réclamer la liberté de conscience. Après avoir tenu tête aux armées royales pendant plusieurs mois, ils ont été vaincus et discrédités. Mais, depuis le milieu du XIXe siècle, leur histoire est à la source d’une mémoire mythique qui fait elle-même partie de l’histoire.

L’Assemblée surprise, peinture de Karl Girardet, 1842. C’est le cas du Poitou, de la Guyenne, du Dauphiné, ainsi que du Languedoc, où les idées réformées ont pénétré la région entre 1530 et 1560. De nombreux protestants préfèrent émigrer, d’autres continuent de célébrer leur culte clandestinement malgré leur conversion. Abbé François de Langlade du Chayla. Les insurgés commettent alors des actes de vengeance contre des prêtres et des catholiques.

D’autres protestants, sous l’impulsion des élites villageoises, préférèrent une attitude loyaliste et combattirent les camisards. Ce fut le cas des habitants de Fraissinet-de-Lozère, pourtant très proches du Pont-de-Montvert. Caverne, baume fortifiée typique, ayant servi d’abri aux camisards à Saint-Julien-de-la-Nef. 1703, les insurgés protestants, surnommés les  fanatiques  par les royaux, prennent progressivement le nom de camisards. Les camisards sont généralement des paysans ou des tondeurs de moutons et cardeurs de laine, dont la moyenne d’âge se situe entre 20 et 25 ans.

Face aux camisards, les troupes royales commandées par le lieutenant-général Victor-Maurice de Broglie disposent dès mars 1703 de 20 000 soldats, fusiliers et dragons. Monument commémoratif de la victoire des camisards de Cavalier à la bataille du Déves de Martignargues. Pendant les mois qui suivent, de nombreux affrontements, escarmouches, embuscades et actes de guérilla, opposent les troupes royales aux camisards. Le capitaine Poul est tué le 12 janvier.

Face aux exactions des troupes régulières et surtout des milices bourgeoises moins disciplinées, les camisards assassinent les prêtres et incendient les églises catholiques. Le 14 janvier 1703, Nicolas Auguste de La Baume de Montrevel, maréchal de France, remplace le comte de Broglie à la tête des troupes royales et amène avec lui 3 000 miquelets. En février 1703, après une tourmente de neige, le maréchal de camp Jacques de Jullien, signe une franche victoire contre la troupe de Cavalier, en rase campagne. Il reçoit à Versailles, le 5 janvier 1703, les ordres du roi Louis XIV à cet égard. De leur côté les huguenots français réfugiés à l’étranger, le marquis de Miremont notamment, tentent de convaincre les pays en guerre contre la France de débarquer des troupes pour appuyer les camisards. Cependant les troupes royales restent tenues en échec et en septembre, Basville décide de dépeupler les Cévennes afin d’isoler les camisards de la population et de les laisser sans vivres ni ressources.

Selon son plan, approuvé par le roi, les 31 paroisses désignées doivent être détruites et réduites en cendres. En avril, 150 paysans sont massacrés par les royaux à Branoux-les-Taillades et Saint-Paul-la-Coste. Néanmoins, le 19 avril, deux jours avant son départ, Montrevel à la tête de 1 000 hommes bat Cavalier et s’empare même de son quartier général. Aussi le 30 avril, Jean Cavalier entame des négociations avec les royaux. Le 16 mai, Cavalier rencontre à Nîmes le maréchal de Villars. Cavalier demande l’amnistie pour lui et ses hommes, l’autorisation de quitter la France et la libération des prisonniers. Une trêve est conclue en attendant la réponse du roi.

Entrevue du maréchal de Villars et de Jean Cavalier à Nîmes, le 16 mai 1704. Peinture de Jules Salles, vers 1865. Fin juin, les Anglais et les Hollandais tentent de débarquer dans le golfe du Lion mais l’expédition échoue à cause d’une tempête. Des hommes de Cavalier s’étant joints à lui, Rolland commande 1 200 hommes. Cependant, trahi, Rolland est tué au château de Castelnau-Valence le 13 août 1704. Finalement en septembre et octobre, les chefs camisards, Castanet, Jouany, Couderc, la Rose et Mazel se soumettent.

Ils sont autorisés à quitter la France et se réfugient en Suisse. En décembre, les derniers irréductibles sont réduits par Villars. Malgré la pacification, Ravanel et Claris ont refusé de se soumettre, de même Mazel ne reste pas longtemps inactif et organise des assemblées. Il est néanmoins arrêté en janvier 1705. Plusieurs chefs camisards exilés, comme Catinat, Castanet ou Élie Marion ne tardent pas à rentrer en France et tentent de relancer la guerre.

Emprisonné, Abraham Mazel s’évade en juillet 1705 et s’enfuit en Angleterre. Il regagne la France en 1709 et tente d’organiser une nouvelle insurrection avec le soutien des Anglais. Mazel n’abandonne pas, en 1710, secondé par Claris, il tente d’organiser un débarquement de troupes anglaises. En juillet les Anglais débarquent à Sète mais face à l’arrivée de troupes françaises, réembarquent presque aussitôt.