Fiction, utopie, histoire : Essai sur Philip Roth et Milan Kundera PDF

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre. La Liseuse de Fragonard, vers 1770, conservée à la National Gallery fiction, utopie, histoire : Essai sur Philip Roth et Milan Kundera PDF Art, Washington.


Le présent essai propose une lecture comparée de la tétralogie américaine de Philip Roth (Pastorale américaine (1997), J’ai épousé un communiste (1998), La tache (2000), Le complot contre l’Amérique (2004) et de quatre romans du cycle tchèque de Milan Kundera (La Plaisanterie (1967), La vie est ailleurs (1973), Le livre du rire et de l’oubli (1979), L’insoutenable légèreté de l’être (1984). La correspondance entre les deux romanciers s’inscrit dans le cadre des préoccupations de la littérature du XXe siècle marqué par le désenchantement. De part et d’autre d’une frontière historique et politique, les écrivains se retrouvent dans un commun refus des constructions idéologiques, qu’elles appartiennent à l’un ou l’autre  » camp « . A travers l’éclairage des deux romanciers sur l’histoire, l’essai interroge la capacité de la fiction à subvertir les discours idéologiques et à réinventer l’histoire factuelle.

Le roman est un genre littéraire, caractérisé essentiellement par une narration fictionnelle. La place importante faite à l’imagination transparaît dans certaines expressions comme  C’est du roman ! Depuis son apparition, le genre romanesque a connu de nombreuses évolutions formelles et mises en question, aussi bien dans sa réception publique que du fait des écrivains. Histoire et aussi avec la généralisation de l’apprentissage de la lecture par l’école et la diffusion imprimée. Toute tentative de définition satisfaisante du roman est étroitement liée à l’identification de ses origines. Ainsi, nombreux sont les théoriciens du roman qui ont cherché à appuyer leurs théories génériques sur des théories étymologiques. Voilà pourquoi une entrée satisfaisante pour tenter de définir le terme de roman peut se trouver dans l’origine même de ce mot.

Au Moyen Âge, l’usage du latin se restreint aux textes écrits tandis que les communications orales se font en langue romane. Le latin n’étant connu que d’une minorité de la population, constituée essentiellement de religieux et de lettrés, il faut alors transcrire ou écrire en langue romane certains textes afin de les rendre accessibles à un public plus large. Le terme se met à désigner progressivement un genre littéraire à part entière. Le terme commence alors à se rapprocher de son sens moderne, celui de récit fictif à épisodes centré autour d’un ou de plusieurs personnages.