Haïku : Anthologie du poème court japonais PDF

Japon, ou sur trois lignes, dans son adaptation francophone depuis 1905. En 1891, Masaoka Shiki forge le mot haïku qui est la contraction des deux mots cités précédemment. 17 mores et un verset haïku : Anthologie du poème court japonais PDF 14 mores. Contrairement au waka ou tanka, le haïku n’est pas chanté.


Né il y a trois siècles au Japon, le haiku est la forme poétique la plus courte du monde. Art de l’ellipse et de la suggestion, poème de l’instant révélé, il cherche à éveiller en nous une conscience de la vie comme miracle. De Bashô jusqu’aux poètes contemporains, en passant par Buson, Issa, Shiki et bien d’autres, Haiku est la première anthologie à présenter un panorama complet de ce genre littéraire, en lequel on a pu voir le plus parfait accomplissement de l’esthétique japonaise. Pourquoi aimons-nous le haiku ? interrogent les préfaciers de ce livre. Sans doute pour l’acquiescement qu’il suscite en nous, entre émerveillement et mystère. Le temps d’un souffle (un haiku, selon la règle, ne doit pas être plus long qu’une respiration), le poème coïncide tout à coup avec notre exacte intimité, provoquant le plus subtil des séismes. Sans doute, aussi, parce qu’il nous déroute, parce qu’il nous sort de notre pli, déchirant une taie sur notre regard, rappelant que la création a lieu à chaque instant. Peut-être, enfin, parce qu’il sait pincer le coeur avec légèreté. Rien de pesant, rien de solennel, rien de convenu. Juste un tressaillement complice. Une savante simplicité.

Les écrivains occidentaux ont alors tenté de s’inspirer de cette forme de poésie brève. La plupart du temps, ils ont choisi de transposer le haïku japonais, qui s’écrivait sur une seule colonne sous la forme d’un tercet de 3 vers de 5, 7 et 5 syllabes pour les haïkus occidentaux. Ce haïku est celui que l’on présente le plus lorsqu’il s’agit d’expliquer ce qu’est un haïku. Il en existe de multiples traductions. C’est surtout le troisième vers qui pose problème. Le texte ne donne aucune indication de pluriel ou de singulier, ni aucune indication de temps. Dans la langue japonaise commune  grenouille  se dit  kaeru .

Le sens d’un haïku se révèle, pour la plupart des cas, dans sa proximité avec d’autres haïkus, lorsqu’il fut publié dans des éditions collectives, ou dans son rapport à une histoire, lorsqu’il fut publié dans des récits en prose. Les maîtres du haïku classique vivaient de la correction des haïkus de leurs élèves, c’est dire si le haïku répond à des règles de composition rigoureuses et particulièrement ardues. La langue utilisée dans le haïku classique diffère de la langue parlée ou écrite à la même époque, et c’est une des principales difficultés de sa composition. Un haïku ne se contente pas de décrire les choses, il nécessite le détachement de l’auteur.

Il traduit le plus souvent une sensation. Il est comme une sorte d’instantané. Cela traduit une émotion, un sentiment passager, le haïku ne se travaille pas, il est rapide et concis. Il doit pouvoir se lire en une seule respiration et de préférence à voix haute. C’est au lecteur qu’il revient de se créer sa propre image. Ainsi, le haïku ne doit pas décrire mais évoquer. Plutôt qu’une phrase répartie sur trois lignes, le haïku procède par une notion de césure, le kireji.

La scène décrite dans un haïku n’est pas regardée par un observateur externe. L’une des principales difficultés pour les haïkistes francophones est de retrouver une notion de flou qui est plus appropriée à la langue japonaise, celle-ci étant davantage contextuelle que le français, et utilisant moins d’articles et de formes de conjugaison. Des débats ont également lieu pour tenter de donner des pistes sur la ponctuation. Notons qu’au-delà des quatre saisons traditionnelles, le jour de l’an est très important et peut être considéré en haïku comme une saison à part entière. Si la saison peut être nommée, le cadre poétique impose le plus souvent de l’évoquer.

Cerisier en fleurs pour le printemps, vol de hannetons pour été, etc. Mais  pleine lune , qui ne peut être rattachée à une saison en particulier, constitue également un excellent kigo. 5 est contre-productif :  Cette contrainte présente un immense intérêt pour la créativité elle-même. Parce que la contrainte pousse à chercher des solutions pour pouvoir s’y conformer et que face à l’impossibilité de trouver des solutions littéraires conventionnelles, on doit souvent avoir recours à d’autres qui ne le sont pas . Cependant, il n’est pas rare de trouver, même chez les classiques, des haïkus qui transgressent les règles.

Il procède du vécu, du ressenti, de choses impalpables. Généralement, la structure court-long-court est conservée. Cela dit, la structure 5-7-5 est encore la plus courante. Il existe de multiples écoles de haïku, de multiples tendances.