Introduction au Zarathoustra de Nietzsche PDF

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Ainsi parlait Zarathoustra est construit comme un opéra dont les quatre parties sont autant d’actes. Le Prologue de Zarathoustra en est l’ouverture et tous les grands thèmes, tous les leitmotive de cette oeuvre majeure de Nietzsche y sont – plus ou moins discrètement – annoncés. Mais il faut savoir les repérer et les déchiffrer. C’est à ce repérage et à ce déchiffrage que voudrait aider ce livre qui sert en cela d’introduction au commentaire explicatif de l’ensemble du livre de Nietzsche que Pierre Héber-Suffrin a précédemment publié sous le titre Lecture d’Ainsi parlait Zarathoustra aux éditions Kimé.

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Il attaque les catégories de son temps qui servaient à définir notre condition humaine et qu’il considérait comme limitantes sinon aliénantes. On la retrouve chez Herder mais on la rencontre surtout à partir de la littérature romantique. Tu aspirais si fortement vers moi ! Tu voulais me voir et m’entendre. Je cède au désir de ton cœur.

Quel misérable effroi Saisis ta nature surhumaine ! Friedrich Nietzsche reprendra ces invitations à bras le corps. Surhomme est liée à deux autres grandes notions : la Volonté de puissance et l’Éternel Retour. Volonté de puissance humaine la plus haute, accomplissement de la vie qui trouve à s’affirmer dans la pensée de l’Éternel Retour. Dostoïevski, l’utilisation qu’il en fait n’est pas la même que dans le romantisme. Nietzsche avait décrit auparavant les formes constituant une part importante de l’histoire de l’humanité.

Ce qui donne sa valeur au saint dans l’histoire universelle, ce n’est pas ce qu’il est, mais ce qu’il signifie aux yeux des autres, les non-saints. Ainsi, avec l’exemple du saint, le préfixe über- désigne ici un processus interprétatif par lequel on se convainc de la valeur élevée au plus haut degré d’un état d’âme qui exalte la puissance de l’homme tout en le rendant étranger au monde. Nietzsche fait sur ce modèle un usage abondant du préfixe über-, usage qui permet d’éclairer la notion de dépassement qui ne concerne pas seulement l’élévation et la fuite métaphysique de l’homme, mais est inhérente à toute Volonté de puissance, et en particulier au Surhomme. Dans le cas du dépassement moral, c’est l’homme moral qui se rend maître de ses instincts et les domine, ce qui lui permet d’assouvir sa passion de maîtrise sur ses instincts : il se surmonte en tant qu’animal, en se prêtant une double réalité rendue pensable par la morale. Sans les erreurs que comportent les hypothèses de la morale, l’homme serait resté animal.

La valeur de cette supériorité est cependant douteuse pour Nietzsche. Dieu a été jusqu’ici l’expression la plus intense du dépassement de l’homme par lui-même, i. Ce dépassement était un mépris de l’homme pour lui-même. Je considère toutes les formes métaphysiques de la pensée comme la conséquence d’une insatisfaction chez l’homme d’un instinct qui l’attire vers un avenir plus haut, surhumain — avec cette particularité que les hommes voulurent fuir eux-mêmes dans l’au-delà au lieu de travailler à la construction de cet avenir.

Un contresens des natures supérieures qui souffrent de la laideur de l’homme. C’est ainsi que les pulsions de l’animal-homme furent éduquées et structurées, en sorte de ne plus désirer qu’une consolation supra-terrestre. C’est pourquoi le processus de dépassement est toujours lié à la question de l’éducation ainsi qu’à la plasticité de la Volonté de puissance. Voici, je vous enseigne le Surhomme.