Jérusalem : bâtir deux villes en une PDF

Jérusalem : bâtir deux villes en une PDF article de Wikipédia, l’encyclopédie libre. Contrairement au terme provençal qui désigne une construction en pierre, la bastide de Gascogne, du Haut-Languedoc et de Guyenne vient du languedocien bastida et désigne un village ou une ville qui a été construit sur un plan régulier et qui lui donne sa spécificité. Ces fondations répondent à un certain nombre de caractéristiques communes et originales d’ordre politique et économique, dans le contexte de l’essor urbain exceptionnel en Europe pendant la seconde partie du Moyen Âge, après l’An Mil.


Est-il possible de créer deux capitales dans une même ville, alors que celle-ci est relativement petite (moins d’un million d’habitants) ? Comment les deux nations peuvent-elles se partager cet espace, qui est moins étendu que Paris intra-muros ? Pour comprendre les stratégies qu’Israéliens et Palestiniens déploient pour occuper la terre à Jérusalem, l’ouvrage s’intéresse à son urbanisme. Il en ressort que les projets urbains ne sont pas tous commandés par la compétition entre les deux peuples pour la souveraineté territoriale, mais qu’ils découlent aussi d’autres motifs et d’autres influences, notamment économiques et internationales.

Un portrait absolument passionnant d une ville unique au monde.

Le premier est provençal et désigne une construction en pierre à l’époque où l’habitat commun était encore largement en bois voire en terre selon les régions. Il est proche de la notion de villae romaine qui désigne une exploitation agricole en pleine campagne. En Gascogne et Haut Languedoc et Guyenne, Languedoc, le terme est emprunté pour désigner une réalité différente, celle d’une village ou d’une ville construit sur un plan particulier : la bastide. C’est à partir de 1229 environ que le terme prend le sens de ville neuve – bastida sive population. Généralement les bastides sont des constructions a novo sine population mais leur implantation n’est pas nécessairement réalisée sur un territoire vierge. Dans certains cas, il peut s’agir d’un hameau déjà existant comme l’évoque l’historien Alcide Curie-Seimbres ou d’une extension urbaine comme à Libourne ou Carcassonne.

Ces nouvelles communautés sont établies sur la base d’une charte octroyée par le ou les suzerains fondateurs et qui détermine préalablement les droits et obligations des habitants et notamment celui de s’administrer librement notamment avec un consulat. Bon nombre de ces bastides ne furent jamais achevées et certaines restèrent même embryonnaires, mais le modèle a perduré malgré les modifications effectuées au cours des siècles ce qui prouve sans doute leur intérêt au-delà de l’urbanisme et de l’architecture. L’analyse de réalisation des bastides peut être envisagée sous plusieurs angles de façon pluridisciplinaire : historique et politique, sociologique et économique, urbanistique et architecturale. Les facteurs sont nombreux et sont à prendre en compte dans le contexte géographique et historique, culturel, religieux et linguistique de l’époque. Villefranche-de-Rouergue avec ses cahiers reste incontournable pour recueillir et diffuser les études qui continuent sur le sujet. Pour essayer de comprendre le phénomène unique des bastides il convient de dépasser la seule analyse géo-historique descriptive voire l’analyse urbaine typo-morphologique et aborder le contexte culturel, économique et surtout politique et religieux. Carcassonne et une ville nouvelle sur le modèle gallo-romain à Aigues Mortes.

Le plan de la bastide est une forme urbaine innovante alors que le tracé orthogonal de ses voies laisserait penser aux formes urbaines grecques puis romaines et gallo-romaines. Le modèle imaginé par Hippodamos pour Millet s’organise autour d’un vaste espace central entouré des équipements publics, cultuels, culturels, sanitaires et sportifs. Cette enceinte est percée de portes orientées vers les quatre points cardinaux et d’elles partent les deux axes majeurs qui vont structurer l’espace : le cardo et le decumanus majores. A l’intersection de ces deux axes, le forum qui est bordé par les bâtiments publics et les édifices religieux. Cette planification présuppose donc un projet effectif préalablement déterminé de la part de celui qui prend la décision de faire tracer et aménager une ville nouvelle.

C’est en ce sens que l’on peut parler de projet politique, de polis qui en grec désigne la Cité au sens institutionnel plus que physique. Elle dépasse largement les impératifs militaires du castelnau ou le développement anarchique des villes et villages du Moyen Âge qui n’ont pas succédé à une ville gallo-romaine. Toutefois si le plan de la bastide est délimité, fini, et qu’il comporte deux axes majeurs qui débouchent sur des portes parfois fortifiées ou signifiées par une construction soignée, la place centrale ne se trouve pas traversée par les voies majeures qui lui sont tangentes. Il y a donc là un décalage significatif qui a pour conséquence que la place n’est pas un croisement ni un carrefour mais un espace à part entière au même titre qu’un îlot à construire. C’est d’ailleurs la seule place à l’intérieur de la bastide. La bastide forme, sauf contraintes particulières de topographie, un rectangle ou un carré.