Kant et l’équivoque du monde PDF

L’altruisme et la générosité du cœur n’ont aucune dimension universelle. Il n’en demeure pas moins kant et l’équivoque du monde PDF le regard sur l’altruisme tend à s’universaliser avec la progression du modèle de la société urbaine et occidentalisée. Il désigne une attitude d’attachement, de bonté, voire de vénération envers autrui, qui résulte d’un sentiment d’amour instinctif ou réfléchi pour l’autre.


Kant et l’équivoque du monde «L’énigme, c’est précisément qu’il semble évident que le monde existe pour nous» : c’est à cette énigme que se confronte Kant dès ses premiers écrits. Tout au long de son oeuvre, le philosophe ne cessera de spécifier le rapport au monde, que ce soit du point de vue de la sensibilité, de la connaissance ou de la morale. Il ouvre ainsi un nouvel horizon pour l’homme, comme «habitant du monde». Dans cet ouvrage, Michaël Foessel revisite la «maison Kant» dans ses coins et recoins, et met à l’épreuve la rationalité de l’édifice, dans une confrontation féconde entre Kant, Husserl et Heidegger. Une lecture forte et vivifiante.

Comte tombe très amoureux de Clotilde de Vaux en 1845, c’est alors qu’elle attrape la tuberculose, et meurt un an plus tard. Avant que le mot altruisme lui-même ne soit créé, la possibilité d’une action pleinement désintéressée a été mise en question. Dans un tel contexte, les frontières entre les notions d’égoïsme et d’altruisme peuvent être interrogées. Une critique fondamentale adressée à l’altruisme consiste à dire que si cela apporte du bonheur à la personne qui effectue un acte altruiste, alors cela lui profite et donc cela est égoïste. L’individu à l’origine de l’action n’est en revanche pas nécessairement conscient du bonheur que lui procurera l’action en question. Dans la Fondation de la métaphysique des mœurs, Kant écrit qu’il n’est jamais possible de connaître la motivation dernière d’une action. Le désintéressement absolu constitue un idéal vers lequel l’être humain devrait tendre pour pouvoir persévérer dans la pratique éthique et acquérir les vertus indispensables à son perfectionnement moral et spirituel.

Le fait de mettre en avant un comportement altruiste ou tout au moins promettre des actions dans l’intérêt du peuple est utilisé par de nombreux hommes politiques pour atteindre le pouvoir. Mais une fois élu, ils ne sont pas liés par un contrat et donc ne sont pas attaquables juridiquement s’ils ne suivent pas leurs promesses. Un responsable politique qui ne tiendrait pas compte des intérêts des partis en présence ne pourrait avoir un quelconque crédit. Mais la question n’est pas tant celle des intérêts que celle des méthodes pour arriver à la satisfaction du plus grand nombre. On espère cependant à chaque élection se trouver dans un troisième cas où l’altruisme affiché serait une intention sincère : un tel responsable voudrait par son attitude militer pour un comportement politique renouvelé, qui s’inspirerait de démarches telles celle d’un Gandhi, ou celle prônée par la  troisième voie  chrétienne. L’altruisme est quasiment inimaginable dans le commerce. Il est incompatible avec la recherche du profit d’une société commerciale.

L’altruisme s’applique à la globalité et non pas à un intérêt privé. L’entreprise cherchera surtout des relations client-fournisseur pérennes. Pour cela, il faut qu’il y ait des gains pour le client et le fournisseur. Cependant, la pression ou le choix des consommateurs pour des modes de productions biologiques, équitables ou respectueuses de l’environnement, peuvent infléchir la loi aveugle du profit. On voit mal comment un parent pourrait être totalement désintéressé par rapport à l’avenir de ses enfants.

Darwin pour expliquer en termes évolutionnistes le comportement social chez l’homme : ce comportement associe l’altruisme, où des personnes agissent à leurs dépens pour les membres de leur groupe, avec une attitude hostile à l’égard des autres groupes. D’autre part, chercher à maximiser le bénéfice pour autrui suppose d’en avoir une bonne idée, ce qui est souvent plus difficile que la théorie ne le prévoit. Les gens n’ont pas forcément les mêmes préférences que l’auteur de l’acte. L’altruisme nécessite donc de développer de l’empathie. Si on oppose généralement l’altruisme à l’égoïsme, il apparaît que souvent la distinction entre les deux est assez difficile à percevoir.