L’Apprentissage DES Signes : Lecture De Paul Ricoeur: Phaenomenologica, Vol 121 (NATO Asi Series. Series E, Applied Sciences) PDF

Il développe la phénoménologie et l’herméneutique, en dialogue constant avec les sciences humaines et sociales. Né en 1913, Paul Ricœur, l’Apprentissage DES Signes : Lecture De Paul Ricoeur: Phaenomenologica, Vol 121 (NATO Asi Series. Series E, Applied Sciences) PDF de mère, perd son père à la guerre en 1915.


Il découvre la philosophie au lycée Émile-Zola de Rennes avec Roland Dalbiez. Il vit aux Murs blancs, lieu communautaire personnaliste fondé par Emmanuel Mounier à Châtenay-Malabry où vivaient aussi Paul Fraisse et Simone Fraisse. Licencié en philosophie à l’université de Rennes à vingt ans, il est reçu deuxième à l’agrégation en 1935. C’est à Paris, dans les années 1930, qu’il poursuit son apprentissage philosophique avec Gabriel Marcel. Poméranie à l’Oflag II-B de 1940 à 1945. Officier de réserve à Saint-Malo, Ricœur est, après la défaite de juin 1940, fait prisonnier. Après la guerre, il enseigne trois ans au Collège cévenol du Chambon, où il achève sa thèse sur la volonté.

En 1948, il est nommé à l’université de Strasbourg, avant de devenir professeur à la Sorbonne en 1956. En 1964, il rejoint le département de philosophie de la Faculté des lettres de Nanterre. Le 17 mai 1968, solidaire des étudiants en lutte, il démissionne de la direction du département de philosophie. La réforme dite  Edgar Faure  provoque une vive opposition. Le ministre de l’Intérieur, Raymond Marcellin, envoie la police sur le campus.

Les charges violentes feront près de deux cents blessés. 1970 au département de philosophie de l’université de Chicago et partage alors son temps entre les États-Unis et la France. 1980, Paul Ricœur alterne des œuvres et des recueils de textes où la philosophie dialogue avec le droit, l’exégèse, l’histoire, etc. Le 7 janvier 1998, Simone Ricœur s’éteint, après soixante-trois ans de vie partagée avec son mari. Jusqu’à sa propre mort en 2005, le philosophe poursuit son œuvre. 2004 encore un Parcours de la reconnaissance qui place celle-ci, avec ses incertitudes et ses difficiles mutualités, au cœur du lien social. Ricœur s’est intéressé à la phénoménologie husserlienne et contribua à l’introduire en France.

Sa thèse de doctorat qui date de 1950 et porte sur la Philosophie de la volonté est imprégnée de pensée phénoménologique. La phénoménologie n’est cependant pas l’horizon complet de la méthodologie de Ricœur. C’est pourquoi Ricœur s’efforce en permanence de trouver l’unité du phénomène de la volonté à un plan non phénoménologique, à un plan ontologique. Pourtant, cette ontologie, comme en témoigne la conférence que Ricœur prononça devant ses maîtres L’unité du volontaire et de l’involontaire comme idée limite, reste une marge, un résidu, de la phénoménologie. Selon Paul Ricœur, la fonction centrale de l’herméneutique est de récupérer et de restaurer le sens. Il choisit le modèle de la phénoménologie de la religion, en soulignant qu’elle est caractérisée par la préoccupation sur l’objet. Il écrit sur quelques auteurs dans le domaine comme les suivants : Rudolf Otto, Gerardus van der Leeuw, Maurice Leenhardt et Mircea Eliade.

Friedrich Nietzsche, qui aurait réduit l’homme à un concept arbitraire du surhomme, et celui de Sigmund Freud, qui aurait réduit la nature humaine à un instinct sexuel. Ses études consacrées à l’herméneutique et à l’exégèse biblique sont un autre aspect de sa philosophie. Pour une sémiotique, le seul concept opératoire reste celui de texte littéraire. La finalité de l’herméneutique préoccupe Ricœur, c’est-à-dire son rôle dans la constitution de la subjectivité. L’herméneutique est ainsi limitée, elle n’est pas une fin en soi, mais l’objet d’un détour dans le  retour à soi . C’est la raison pour laquelle la réflexion herméneutique est liée à un souci ontologique.

L’étude de la métaphore est un élément significatif dans son travail. La fonction de transfiguration du réel que nous reconnaissons à la fiction poétique implique que nous cessions d’identifier réalité et réalité empirique ou, en d’autres termes, que nous cessions d’identifier expérience et expérience empirique. De la sorte il exige que nous critiquions notre concept conventionnel de la vérité, c’est-à-dire que nous cessions de le limiter à la cohérence logique et à la vérification empirique, de façon à prendre en compte la prétention de vérité liée à l’action transfigurante de la fiction. La métaphore, c’est la capacité de produire un sens nouveau, au point de l’étincelle de sens où une incompatibilité sémantique s’effondre dans la confrontation de plusieurs niveaux de signification, pour produire une signification nouvelle qui n’existe que sur la ligne de fracture des champs sémantiques. Cette découverte de la fonction cognitive de la métaphore repose sur le dépassement du traitement habituel de la métaphore qui voit en elle un simple phénomène linguistique de  transport de sens . Pour comprendre cela, Ricœur propose de voir que la métaphore ne prend tout son sens que restituée dans le texte dans son ensemble.