L’enfant, les parents et la guerre : une étude clinique au Liban PDF

En pratique : Quelles sources sont attendues ? C’est le père du peintre Fausto Pirandello. L’été de la naissance de Luigi Pirandello, la Sicile subit une terrible épidémie de choléra, comme vingt années plus tôt. C’est cette maladie qui emporte, en 1837, son l’enfant, les parents et la guerre : une étude clinique au Liban PDF-père paternel, Andrea, riche propriétaire qui laisse une grosse fortune et une famille nombreuse dont le dernier-né, Stefano, est le père de Luigi.


Que vit l’enfant confronté à une situation de crise comme la guerre ? « Copyright Electre »

Le jeune Pirandello grandit entre une mère douce et aimante, qu’il adore, et un père autoritaire et coléreux, avec lequel il entretient des relations difficiles. La servante de la famille imprègne le jeune Luigi du folklore sicilien en lui apprenant des chansons populaires et en lui contant les fables et les légendes de son pays natal, qui enflamment son imagination. Il entreprend des études au collège technique. Amoureux de sa cousine Lina, il envisage de l’épouser et de rejoindre son père à la soufrière, dans l’entreprise familiale, mais la littérature l’attire irrésistiblement. En 1887, à vingt ans, il quitte Palerme pour Rome.

En 1889, il fait paraître des articles dans la revue Vita Nuova et son premier recueil de vers Le Mal joyeux. En 1891, il accède au grade de docteur en philosophie et lettres de l’université de Bonn, avec une thèse de dialectologie romane sur le dialecte d’Agrigente, écrite en allemand. Le jeune homme rentre en Italie et rompt ses fiançailles avec sa cousine. En 1894, à vingt-sept ans, il épouse Maria Antonietta Portulano, la fille de l’associé de son père, qui lui apporte une belle dot. Ce mariage arrangé par les parents ne fut pas heureux. Les jeunes époux partent s’installer à Rome. La jeune épouse de Pirandello, peu instruite, ne comprenait pas les préoccupations littéraires de son mari, intellectuel brillant.

Cette incompréhension s’est fixée en une jalousie maladive causée par la fascination que son mari exerçait sur ses jeunes élèves de l’école normale pour jeunes filles. Cette jalousie sans fondement va se transformer, peu à peu, après la faillite de l’entreprise familiale, en une véritable folie. La vie familiale de Pirandello et de ses enfants est difficile et douloureuse. La paranoïa de sa femme, qui commence après la naissance de leur troisième enfant, aurait nécessité un internement mais Pirandello, qui ne peut s’y résoudre, garde sa femme au foyer familial pendant dix-sept années. L’écrivain, qui a trouvé refuge dans un travail acharné, écrit des nouvelles, des romans et des essais. L’histoire de la littérature reconnaît surtout en Pirandello le dramaturge.

Il n’a vraiment réussi au théâtre qu’à la cinquantaine. Il pensait que ce genre ne devait être qu’une parenthèse dans son œuvre :  Le théâtre, comme tu sais, ne me tente pas beaucoup. Son œuvre théâtrale renouvelle profondément la scène de l’entre-deux-guerres en y introduisant fantaisie, poésie et liberté. Le nouvelliste rêve, dans l’avertissement de la première édition, d’un grand volume qui, selon le principe du titre du recueil, donnerait à lire au lecteur une nouvelle par jour pendant une année, soit trois cent soixante-cinq nouvelles.

Cette comédie humaine sicilienne reflète en effet la perception subjective de Pirandello, à laquelle son art de conteur donne une portée universelle. Un de ses traducteurs, le romancier et essayiste Georges Piroué, intitulera d’ailleurs son étude sur Pirandello parue en 1988 aux Éditions Denoël : Luigi Pirandello, sicilien planétaire. En 1924, Pirandello adhère au fascisme et rencontre Mussolini. Mais il ne s’engagea jamais activement en politique.

Son activité théâtrale internationale l’écartera peu à peu du régime fasciste, dont il supporte mal la suspicion et l’autoritarisme. Il y découvre la vie et le travail d’un directeur de théâtre et d’un metteur en scène. Il engage une jeune et talentueuse comédienne, Marta Abba, pour laquelle il éprouve un amour impossible. Elle devient son interprète principale et son inspiratrice. En cette année 1925 également, il publie un nouveau chef-d’œuvre, qu’il a mis quinze ans à écrire, le roman Un, personne et cent mille. Le 10 décembre 1934, il reçoit à Stockholm le prix Nobel de littérature  pour son renouvellement hardi et ingénieux de l’art du drame et de la scène  mais il subit de plus en plus d’incidents cardiaques. Dix années après sa mort, ses cendres sont transportées à Agrigente.

Comme l’écrit la critique littéraire Rosanna Delpiano :   son destin de personnage se clôt sur un dernier jeu entre apparence et réalité : par les rues de sa ville, les cendres de Pirandello passent, enfermées dans une caisse qui donne l’impression que la crémation n’a pas eu lieu, que le corps est dans le cercueil. Luigi Pirandello, dans une lettre adressée à Benjamin Crémieux, son premier traducteur français, a un regard lucide et poignant sur sa propre vie. Benjamin Crémieux, aidé par sa femme Marie-Anne Comnène, est un de ceux qui le révèlent au public parisien en traduisant puis en faisant jouer ses plus importantes pièces. La Sicile reste une référence constante dans ses œuvres.

Il définit la vie comme  un séjour involontaire sur la terre . 1926 en France par Marcel L’Herbier. Mathias Pascal est interprété par Ivan Mosjoukine. 1985 en Italie par Mario Monicelli.