L’Histoire étonnante de la loi 1901. Le Droit des associations avant et après Pierre Waldeck-Rousseau PDF

Fils de Jean L’Histoire étonnante de la loi 1901. Le Droit des associations avant et après Pierre Waldeck-Rousseau PDF et de Marie-Rose Bannes, Émile est le sixième d’une famille de dix enfants. Son père était un modeste tailleur d’habits, qui dut parfois changer de métier pour faire vivre les siens.


Il apprit le latin par l’instituteur public et ensuite par son parrain, Jean Gaubert, qui était prêtre et son cousin. Combes, décrit Jean Gaubert :  Il a le prestige et l’autorité du sacerdoce et de l’instruction. Et s’il demande des sacrifices, il s’en impose aussi. Son insistance à vouloir qu’un de ses petits cousins devienne prêtre est étonnante. Ayant échoué avec Philippe vers 1840 et Émile en 1847, il ratera son dernier essai avec Henri vers 1860 . Combes a douze ans et entre ainsi en classe de quatrième au petit séminaire de Castres grâce à ses connaissances en latin. Saint Thomas d’Aquin pour la thèse française, et Saint Bernard pour la thèse latine.

Après son mariage en 1862 avec Angèle-Maria Dussaud, fille d’un commerçant aisé de Pons, il renonce à l’enseignement et entreprend des études de médecine à Paris. Il est élu maire de Pons en 1876, et tiendra ce poste jusqu’en 1919. Sénateur radical-socialiste de la Charente-Inférieure en 1885, il devient Président de  La Gauche Démocratique . Il entre au ministère de l’Instruction publique en 1895. Mais il démissionne en 1905 avant que cette loi ne soit promulguée le 9 décembre 1905, à la suite de l’affaire des fiches. 1885, il devient l’un des meneurs d’un radicalisme de gauche. Son siège au Sénat, une chambre conçue au départ par la droite pour tenter d’établir un fief conservateur, lui permet en effet de participer à la formation d’un groupe appelé la Gauche démocratique, qu’il dirige en 1894.

Il profite d’une confortable majorité par 368 contre 220, dont 48 socialistes, 90 radicaux-socialistes, 129 radicaux et 99 républicains divers. Combes évite le plus souvent possible le Sénat, pour se rapprocher de l’idéal républicain : une assemblée unique et souveraine. Il veut aussi utiliser tous les moyens pour favoriser les amis du régime, contre ses ennemis. Une circulaire de Combes aux préfets, le 20 juin 1902, demande ainsi de favoriser  des personnages et des corps sincèrement dévoués au régime . Le  père Combes  ainsi nommé car éduqué dans un séminaire était en fait médecin.

Chargé des cultes, il montrera un fort anticléricalisme par les lois de 1901 et 1904 sur le droit des associations et l’interdiction d’enseignement par les congrégations religieuses. Combes finit par s’engager dans un conflit avec le Vatican au sujet de l’interprétation du Concordat de 1801. Il profite de la succession de Léon XIII, à qui succède un pape intransigeant, Pie X. En fait Combes n’est pas véritablement opposé au Concordat, il est même opposé à une séparation de l’Église et de l’État, ce qui peut sembler paradoxal. En vérité, il estime avoir besoin d’un instrument de pression sur le clergé. S’en séparer, c’est prendre le risque d’un renouveau de l’Église.

Preuve en est qu’il conserve un contact permanent, bien que ténu, entre l’État et l’Église. Il combat la pratique des langues régionales dans les Églises. Cependant, les maires du canton de Plabennec, dans le Finistère, écrivent au président du Conseil :  Très nombreux sont nos concitoyens qui ne comprennent pas le français. Cela ne trouble guère le président du Conseil, décidé à faire appliquer sa circulaire.

L’ opposition cléricale s’essouffle, et Combes entreprend alors d’appliquer son programme social. Il souhaite instaurer l’impôt sur le revenu que son prédécesseur, Pierre Waldeck-Rousseau, s’était entendu de ne pas appliquer. Sans attendre d’être mis en minorité, Combes et son ministère se retirent le 18 janvier 1905. Symbole de la politique anticléricale et prologue à la séparation de l’Église et de l’État, l’expression  combisme  s’impose alors dans le vocabulaire politique d’alors. Gabriel Merle, Emile Combes, Paris, Fayard, 1995, 664 p. Biographie sur le site du Sénat. Thèse pour le doctorat en Médecine.