L’INVENTION DU FOETUS. : Le corps féminin comme lieu public PDF

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Premièrement, lors de cette autre chronique il invoque ce livre d’un  neurobiologiste  mais enchaîne en ne citant que des observations éthologiques et ethnographies qui n’y figurent pas. Deuxièmement, s’il avait bien lu Jean-François Bouvet il n’aurait peut-être pas commis l’erreur d’affirmer que Camille Paglia est  professeure de neurologie à l’université de Philadelphia . Titulaire d’un doctorat en lettres, elle est en réalité professeure en humanités et étude des médias à l’Université des Arts, une faculté sise à Philadelphie. Boris Cyrulnik de remonter aux sources de ce qu’il utilise. Il ne conviendrait pas pour autant de parler de plagiat, car son texte s’écarte notablement de celui de Jean-François Bouvet, et pas seulement par l’introduction des informations erronées qu’on vient de voir. Endossant le rôle de sage homme exempt du caractère  passionné  de ces quatre femmes aux positions  radicales et violentes , examinant les ressorts de l’  explosion  de Catherine Vidal avec le recul conféré par son objectivité supposée, Boris Cyrulnik met ici une nouvelle fois en scène l’opposition entre cette dernière et Doreen Kimura. En 1994, lorsque Le Nouvel Observateur lui demande si le cerveau d’une fille se développe différemment de celui d’un garçon, il répond par l’affirmative en citant les travaux de Kimura sur les aptitudes verbales et spatiales.

En 2005, voici comment il reformule ce que dit Kimura :  Puisqu’il y a une différence de nature, nous explique Doreen Kimura, psychologue canadienne, on ne peut que se soumettre à ses lois. Inutile donc d’orienter les filles vers les disciplines scientifiques, car leur cerveau les prédispose plutôt aux métiers de la parole. Quant au livre de Catherine Vidal, voici tout ce qu’il en dit dans cette même chronique de 2005 :  Catherine Duval et Dorothée Benoit-Browaeys démontrent sans peine  l’idéologisation  de ces données neurologiques. En mars 2013, ce que Boris Cyrulnik fait maintenant dire à Doreen Kimura  récemment , c’est qu’ il y a  de très grandes différences entre le cerveau des hommes et le cerveau des femmes . Poursuivons notre analyse de cette pastille de mars 2013. Après avoir à peu de frais réglé leurs comptes à Kimura et Vidal, Cyrulnik affirme que  Judith Butler, une Américaine, dit que la biologie n’existe pas et que seul le genre existe . Si la déformation outrancière de la pensée de Judith Butler est habituelle chez les pourfendeurs du concept de genre, Boris Cyrulnik s’illustre en la poussant ici particulièrement loin.

Le cas échéant, ce serait d’autant plus ennuyeux qu’il ne s’arrête pas là, puisqu’il affirme ensuite que Butler  reprend ainsi Simone de Beauvoir :  on ne naît pas femme, on le devient , ce qui implique que seuls les hommes restent à l’état de nature et ne deviennent pas hommes . Maintenant qu’il a balayé les mauvais arguments et les  positions radicales et violentes  de toutes ces femmes trop passionnées pour y voir clair ou pour être honnêtes, Boris Cyrulnik va nous expliquer ce qu’on sait vraiment. Outre le fait que la plasticité cérébrale rend très peu pertinente l’image tendancieuse d’un cerveau semblable à une sculpture dont la forme serait définie in utero, l’influence de la testostérone sur la structuration des connexions neuronales ou la détermination de la morphologie cérébrale des fœtus humains est loin d’être établie. Boris Cyrulnik ne fait ici que resservir un concentré de la ratatouille qu’il avait tirée en 2006 des livres grand public de Michel Odent et Lucy Vincent sur la  neurobiologie de l’amour , et de l’extrapolation outrancière d’observations faites sur des rongeurs reformulées de manière fantaisiste . En bref, ces quatre assertions sont clairement fallacieuses. Précédées de  on sait que , elles sont même purement et simplement mensongères, et insultent l’air de rien la neurobiologiste Catherine Vidal qui se trouve ici implicitement taxée soit d’ignorance des acquis de sa discipline, soit de mauvaise foi. Celles dont il se revendique, celles que les journalistes lui prêtent, ou ni l’un ni l’autre ?