Le Bestiaire insolite : L’animal dans la tradition, le mythe, le rêve… PDF

Un chevalier monté sur une créature oiseau par devant et cheval par derrière terrasse le dragon marin qui menace une femme nue attachée sur un rocher. L’hippogriffe, d’après un dessin de Gustave Le Bestiaire insolite : L’animal dans la tradition, le mythe, le rêve… PDF pour le Roland furieux.


Toute une faune veille sur notre imaginaire et entretient avec nous une relation de frayeur et de fascination depuis les temps les plus reculés. Une histoire née avec la Création et qui ne cesse de se développer depuis l’Arche de Noé. « Copyright Electre »

Son origine est évoquée par le poète latin Virgile dans ses Églogues. Dans ce roman de chevalerie, inscrit dans la continuité du cycle carolingien, l’hippogriffe est une monture naturellement née de l’accouplement d’une jument et d’un griffon. Il est, comme de nombreuses créatures légendaires, de retour dans les œuvres modernes et notamment le jeu de rôle, les jeux vidéo, ainsi que des romans de fantasy. La possible origine antique de l’hippogriffe ne fait pas l’unanimité parmi les spécialistes récents. Des représentations artistiques proches de l’hippogriffe sont toutefois attestées dès l’Antiquité. Connue sous le nom d’Hippogriffe du Campo Santo, elle fut placée sur le clocher de l’est.

On trouve, à l’époque gallo-romaine et mérovingienne, plusieurs représentations d’hybrides de cheval et de rapace, mais leur signification reste très obscure. Une pièce gallo-grecque combine un cheval-oiseau avec le svastika, symbole de la roue en mouvement. La photo montre une sculpture avec deux têtes de rapaces collées dos à dos, et des pattes antérieures de lion. Chapiteaux de colonnes à Persépolis, représentant des Homa. Le Simorgh est une gigantesque créature ailée capable d’emporter sans effort un éléphant dans ses serres. Plaque représentant un animal mi-lion et mi-aigle assis le bec ouvert.

Olympie, plaque de bronze martelée et découpée. Notez les oreilles de cheval, clairement visibles. Apollon, en provenance de l’Orient, sans que l’on sache si cet animal mythique était lié à Apollon en tant que dieu du Soleil ou en tant que dieu des Muses. L’image représente de très nombreuses scènes avec une créature mi-cheval et mi-oiseau. Illustration d’Orlando furioso par Girolamo Porro en 1584.

Arioste donne à l’hippogriffe ses lettres de noblesse dans la littérature. Illustration du Roland furieux, gravure sur bois, 1566, Montpellier, Médiathèque centrale d’agglomération Émile Zola. Le coursier n’est pas feint, mais naturel, car un griffon l’engendra avec une jument. Grâce à sa patience, son art et son application, le magicien Atlant parvient à en attirer un hors de son troupeau pour l’apprivoiser. Un mois lui est nécessaire pour habituer l’hippogriffe à sa bride et à être monté, puis l’animal se laisse chevaucher partout où le guide son maître. L’hippogriffe a parfois des réactions imprévisibles mais il vole d’un pays à l’autre, portant ses différents cavaliers.