LE PEUPLE ET LES GROS. Histoire d’un mythe PDF

Premier volet d’un billet en deux parties sur la justice administrative, dont je parle trop peu, et les politiques, pas du tout, alors qu’elle le mérite amplement. Tout d’abord, voici un aperçu historique de cette dichotomie absolument fondamentale en droit français, et qui est assez unique au monde. Mais avant de LE PEUPLE ET LES GROS. Histoire d’un mythe PDF aux origines, définissons un peu : qu’est ce que cette séparation, que signifie-t-elle ? Cette interdiction est absolue, et comme tout ce qui est absolu en France, connaît des exceptions.


Une poignée de gros », détentrice du pouvoir économique et politique, écrasant le bon peuple (tous groupes sociaux confondus, ouvriers, paysans, employés, commerçants, petits patrons) : tel est, depuis la fin du XIXe siècle, un des mythes les plus tenaces de l’idéologie française. Mythe d’extrême droite à l’origine, aux relents parfois antisémites ; mais aussi bien mythe de la gauche, que ne semblent guère instruire ses échecs électoraux. Or il est tout simplement faux que le pouvoir, dans la société française, soit aux mains d’une infime minorité d’exploiteurs. Le mythe des gros laisse dans l’ombre les véritables oppositions de classes, ainsi que les chaînes de solidarité qui parcourent toute l’échelle sociale et assurent la cohésion de l’ensemble. Contre cette démonologie anachronique, la salutaire démythification opérée par Pierre Birnbaum est un préalable indispensable à toute analyse et à toute action politique efficace. »

Il est incompétent, et doit refuser de juger. Sous l’ancien code pénal, s’immiscer dans les affaire de l’administration était pour un juge le crime de forfaiture. C’est là que l’Histoire nous éclaire. Cette séparation remonte à la Révolution française.

Mais qu’est ce qui a provoqué la réunion des Etats Généraux ? Une guerre que livraient les juges au roi. Cette formalité administrative, condition de l’applicabilité de la loi, a été dévoyée par les magistrats qui se permirent de commenter le texte, et, avant de l’enregistrer, d’adresser des remontrances au roi, lui demandant de modifier tel et tel point. Louis XVI le renvoya, et rétablit les anciens usages, croyant ainsi calmer la fronde des magistrats.