Les sociétés et leur école : Emprise du diplôme et cohésion sociale PDF

Pour François Dubet — qui estime  que ce modèle de justice et d’égalité a une force essentielle : c’est qu’il n’y en a pas d’autre ! Michael Young décrit une société dans laquelle le modèle rend les individus situés au bas de la pyramide sociale incapables de se protéger contre les abus d’une élite autocratique. Le concept est discuté par de nombreuses personnalités. Si l’on entend par méritocratie un système dans lequel les les sociétés et leur école : Emprise du diplôme et cohésion sociale PDF sociales sont attribuées exclusivement en fonction de la valeur de chacun, celle-ci étant mesurée de façon objective par des instances et des acteurs incontestables que seraient, dans les sociétés où s’est imposé la forme scolaire, l’école et les enseignants, il est évident que la méritocratie n’a jamais existé ni en France, ni dans d’autres contextes nationaux.


Une vision commune voudrait que l’éducation scolaire contribue à créer des sociétés meilleures. Mais comment l’école aurait-elle la capacité quasi miraculeuse de transformer la société ? Plutôt que de croire ou non à ses vertus, les sociologues François Dubet Marie Duru-Bellat Antoine Vérétout ont cherché à comprendre, en comparant les sociétés et les systèmes éducatifs d’une trentaine de pays, par quels mécanismes et sous quelles conditions l’école affecte positivement la société. Ni le déterminisme fataliste de la simple reproduction sociale, ni le volontarisme héroïque d’une école capable de changer le monde ne résistent aux faits. Comment les sociétés utilisent-elles les qualifications scolaires ? Quelle est l’emprise du diplôme sur l’emploi et sur la position sociale ? C’est de ce choix politique que dépend le rôle de l’école dans la société. Quand un pays considère que le diplôme doit déterminer strictement la position sociale, la lutte pour son obtention pèse lourdement sur le système scolaire, au détriment de sa dimension éducative et culturelle. Trop d’école tue l’école. À l’opposé, quand un pays croit moins à l’école, il développe d’autres systèmes d’accès à l’emploi, le jeu scolaire y est plus détendu, mais la société crée d’autres inégalités. C’est dans le jeu de ces deux mécanismes que se tiennent les différences entre les sociétés et c’est en agissant sur cette charnière que les politiques peuvent corriger les inégalités.

Tenret, sociologue, note — dans Les 100 mots de l’éducation — que le  modèle méritocratique apparaît particulièrement valorisé dans les sociétés modernes dans la mesure où il est censé permettre une meilleure allocation des postes en fonction des compétences des prétendants. Marie Duru-Bellat conclut  qu’il ne faut pas rejeter la méritocratie, mais l’usage exclusif ou excessif du mérite comme principe de justice. Ming pour lutter contre l’aristocratisme, a été aboli en 1905, vers la fin des Qing. De 1704 à 1711, Voltaire est élève chez les jésuites, au collège Louis-le-Grand.

Dans la présentation de l’ouvrage de B. Toutefois, historiquement et politiquement, l’aristocratie renvoie à un système d’ordre privilégié de nature héréditaire qui diffère de l’origine individuelle de la réussite méritocratique. L’homo novus à Rome, qui crée sa place par le cursus honorum s’intègre dans l’ordre sénatorial déjà pré-constitué par les lignées de la nobilitas. Sous Louis Philippe, la chambre des pairs intégrait des hommes de talent, de même l’actuel système de la chambre des lords intègre les anciens premiers ministres par exemple. Toutefois, dans l’aristocratie, la notion de mérite existe : vivre noblement passe en effet par la vertu du  mérite .