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Les cinq martyrs du lycée Buffon sont des lycéens parisiens ayant participé à la Résistance française qui furent exécutés le 8 février 1943. Les lettres d’adieux, écrites le jour de leur mort à leurs parents, sont particulièrement émouvantes. Son père, veuf en mange, Medite, Profite PDF, était médecin psychiatre.


Fils unique d’un professeur d’économie, il habite au 247, rue de Vaugirard. Son père est officier de police et sa mère directrice d’école maternelle. Il habite au 6, square Desnouettes. Fils d’un ingénieur-dessinateur au ministère des PTT, il habite 11 bis, rue de Pondichéry. Il y a en fait dans le groupe un sixième membre, âgé de 13 ans lors du premier acte de résistance commis par ce groupe : Michel Agnellet, sauvé grâce au silence de ses camarades sous la torture. Ils installent une petite imprimerie chez l’un d’entre eux et distribuent des tracts, collent des papillons. Dix minutes après, les élèves commencent à se disperser mais un agent du lycée a fait fermer les issues et prévenir la police.

Les cinq réussissent à s’enfuir, mais Legros et Benoît sont reconnus et dénoncés aux autorités. Ils sont désormais fichés comme  jeunes gens très dangereux  par les services de police, et obligés de vivre dans la clandestinité. Loin de cesser, l’activité des cinq amis s’intensifie. Le groupe passe à la lutte armée. Je ne sais si tu t’attendais à me revoir, je m’y attendais. On nous a appris ce matin que c’était fini, alors, adieu ! Je sais que c’est un coup très rude pour toi, mais j’espère que tu es assez fort et que tu sauras continuer à vivre en gardant confiance en l’avenir.

Travaille, fais cela pour moi, continue les livres que tu voulais écrire, pense que je meurs en Français pour ma Patrie. On va m’arracher cette vie que vous m’avez donnée et à laquelle je tenais tant. C’est infiniment dur pour moi et pour vous. J’ai eu la chance de savoir, avant de mourir, que vous étiez courageux. Restez-le, surtout ma petite maman que j’embrasse de tout mon pauvre cœur.

Mes pauvres chéris, j’ai accepté le combat, vous le savez. Vous serez quand même heureux dans la paix, un peu grâce à moi. Exécution ce matin à onze heures. Je penserai à vous, à Nicole. Qu’elle ne m’oublie pas non plus, ni mes parents !

Mais surtout, que la vie continue pour elle, qu’elle profite de sa jeunesse. On vient de nous chercher pour la fusillade. Mourir en pleine victoire, c’est un peu vexant, mais qu’importe ! Jusqu’au bout, il a été propre et courageux, et devant la mort même, je ne tremble pas. Adieu, petite Maman chérie, pardonne-moi tous les tracas que je t’ai faits. Je te remercie d’avoir été chic avec moi.

Garde un bon souvenir de ton fils. Tototte, Toto, adieu, je vous aimais comme mes propres parents. Nano, sois un bon fils, tu es le seul fils qui leur reste, ne fais pas d’imprudence. Adieu tous ceux que j’ai aimés, tous ceux qui m’aimaient, ceux de Nantua et les autres. Ce n’est pas si terrible après six mois de prison. Mes derniers baisers à vous tous. Je vais être fusillé ce matin à onze heures.