Molinier, une vie d’enfer PDF

Membre de l’Académie française, il est le frère de la sculptrice Camille Claudel. Immeuble du boulevard de Port-Royal où vécut la famille Claudel de 1886 à 1892. Paul Louis Charles Claudel est le fils de Louis-Prosper Claudel, un haut fonctionnaire de molinier, une vie d’enfer PDF, né à La Bresse dans les Vosges, et de Louise Athénaïse Cerveaux.


Il se convertit au catholicisme, religion de son enfance, en assistant en curieux aux vêpres à Notre-Dame de Paris le 25 décembre 1886, jour de Noël. J’étais debout, près du deuxième pilier, à droite, du côté de la sacristie. Illuminations, le recueil de poèmes d’Arthur Rimbaud, dont la lecture sera pour lui déterminante. Passé une velléité d’entrer dans les ordres, il entre dans la carrière diplomatique en 1893. Tout d’abord premier vice-consul à New York puis à Boston, il est nommé consul à Shanghai en 1895. Il est alors appuyé par le secrétaire général du Quai d’Orsay, Philippe Berthelot. Claudel s’installe alors définitivement dans le château de Brangues en Isère, qu’il avait acquis en 1927 pour y passer ses étés.

Le travail littéraire, mené jusqu’alors parallèlement à sa carrière diplomatique, occupe désormais la plus grande part de son existence. J’ai d’abord cru que c’était un carburateur et puis j’en ai lu quelques pages – et non, ça n’a pas carburé. En 1934 c’est lui qui écrit puis déclame l’éloge funèbre pour son ami, l’ancien secrétaire général du Quai d’Orsay, Philippe Berthelot. Pendant la guerre d’Espagne, Claudel apporta son soutien aux franquistes. Geneviève Dreyfus-Armand écrit que :  Paul Claudel, que son statut de diplomate contraignait sans doute à la réserve, sortit pourtant de celle-ci en mai 1937 en écrivant un poème dédié  aux martyrs espagnols  morts à cause de leur foi. La Persécution religieuse en Espagne, publié à Paris en 1937 pour dénoncer les violences anticléricales. François Mauriac reprocha à Claudel de n’avoir pas écrit un seul vers pour  les milliers et les milliers d’âmes chrétiennes que les chefs de l’Armée Sainte ont introduits dans l’éternité .

Claudel, d’autre part, refusa de rejoindre le Comité français pour la paix civile et religieuse en Espagne lancé par Jacques Maritain. Paul Claudel à la gloire de Franco –, et une  gauche , au sens topologique du terme, qui reconnaît la légitimité de l’antifascisme. 1940, Paul-Louis Weiller, juif, est déchu de la nationalité française. Attristé par les débuts de la guerre, et notamment l’invasion de la Pologne, au cours d’un mois de septembre 1939 qu’il juge par ailleurs  merveilleux , Claudel est initialement peu convaincu par le danger que représente l’Allemagne nazie. Dressant dans son Journal un  état de la France au 6 juillet 1940 , il met au passif la sujétion de la France à l’Allemagne, la brouille avec l’Angleterre  en qui seule est notre espérance éventuelle  et la présence au gouvernement de Pierre Laval, qui n’inspire pas confiance.

Le 24 septembre 1940, Claudel va plus loin encore :  Ma consolation est de voir la fin de cet immonde régime parlementaire qui, depuis des années, dévorait la France comme un cancer généralisé. Il faut rappeler que Bernanos avait fustigé Pétain dès juin 1940. Toutefois, le spectacle de la collaboration avec l’Allemagne l’écœure bientôt. Fernand Laurent dans Le Jour déclare que le devoir des catholiques est de se serrer autour de Laval et de Hitler. La péroraison en est :  France, écoute ce vieil homme sur toi qui se penche et qui te parle comme un père. Claudel a mené une constante méditation sur la parole, qui commence avec son théâtre et se poursuit dans une prose poétique très personnelle, s’épanouit au terme de sa vie dans une exégèse biblique originale. Jean Daniélou et Henri de Lubac.

Sa foi catholique est essentielle dans son œuvre qui chantera la création :  De même que Dieu a dit des choses qu’elles soient, le poète redit qu’elles sont. Plaque commémorative au 11, boulevard Lannes où mourut Paul Claudel. Il fut membre du Comité d’honneur du Centre culturel international de Royaumont. Il meurt le 23 février 1955 à Paris, au 11 boulevard Lannes à l’âge de 86 ans. Le travail d’édition et d’annotation de son Journal est réalisé après sa mort par son ami François Varillon, prêtre jésuite et théologien, et par Jacques Petit, dans la bibliothèque de la Pléiade. On peut aussi passer par l’exégèse religieuse à laquelle Claudel s’est consacré la plupart de sa vie. Il met en lumière l’esprit religieux partout où il le peut.

C’est la façon pour lui d’exprimer sa méditation sur son intimité d’homme et de croyant. Il nous confie même parfois sa foi pour aider à comprendre ses textes. Comme poète, Claudel porte une grande attention à la diction, à l’énonciation ou à la déclamation, les réclamant comme de son domaine propre d’écrivain. Je n’admettrai jamais que la musique associée à un texte poétique dépende exclusivement du choix du metteur en scène. En réalité, il s’agit d’une émanation du texte et c’est l’auteur qui doit être responsable de l’une comme de l’autre. Il recherche toute sa vie une énonciation intelligible et signifiante. Pour lui elle s’opère dans l’attention au diseur, et en détachant syntaxe et souffle : il peut aller jusqu’à proposer un silence au milieu d’une phrase, même au milieu d’un mot ou au milieu d’une syllabe ou d’un phonème.

Il retient d’autres principes expressifs : accentuer sur les consonnes et moins sur les voyelles, placer une inflexion en début de vers et le terminer dans légère atténuation de voix. Dans son rapport avec le comédien, le sens n’est pas enserré dans l’écrit, mais procède du travail vocal du diseur. Rosalie Vetch inspire le personnage d’Ysé dans Partage de midi et celui de Prouhèze dans Le Soulier de satin. Louis Sainte-Marie Perrin, architecte de la basilique Notre-Dame de Fourvière. 1945 : Dodoitzu, illustrations de Rihakou Harada. Traité de la co-naissance au monde et de soi-même. Paul Claudel ambassadeur de France à Washington.

1966 : Correspondances avec Copeau, Dullin, Jouvet. 1998 : Le Poète et la Bible, volume 1, 1910-1946, Gallimard, coll. 2002 : Le Poète et la Bible, volume 2, 1945-1955, Gallimard, coll. 2005 : Correspondance de Paul Claudel avec les ecclésiastiques de son temps. Volume I, Le sacrement du monde et l’intention de gloire, éditée par Dominique Millet-Gérard, Paris : Champion, coll. 2005 : Une Amitié perdue et retrouvée. Correspondance de Paul Claudel et Romain Rolland, édition établie, annotée et présentée par Gérald Antoine et Bernard Duchatelet, Paris : Gallimard, coll.