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Les procédures varient selon les régions et les groupes ethniques. L’origine des MGF est inconnue mais elles sont profondément ancrées dans les traditions de nombreux groupes où elles sont associées à la pureté, à la chasteté et constituent un rite de passage à l’âge adulte. Les opérations sont habituellement organisées par les femmes tant mutilations G Nitales F Minines PDF des raisons d’honneur et de fierté que par obligation sociale.


Les MGF sont interdites ou restreintes dans la plupart des pays où elles sont pratiquées mais les législations sont souvent peu appliquées. Depuis les années 1970, des actions internationales ont été menées pour mettre un terme à ces pratiques et elles sont considérées comme des violations des droits humains par les Nations unies. Les variations entre les lieux et les exciseurs rendent néanmoins difficile une classification des MGF. Les difficultés de traduction sont compliquées par le fait que les femmes ne savent pas toujours quel type de MGF elles ont reçu voire si elles ont réellement été opérées. Dans le type IIIa, la suture est réalisée au niveau des petites lèvres et au niveau des grandes lèvres pour le type IIIb. Lors de l’opération, la fille est placée à plat dos pour permettre à l’exciseur d’accéder à l’aine.

Les complications immédiates et ultérieures dépendent de plusieurs facteurs tels que le niveau d’expertise médicale de l’exciseur ou l’utilisation d’instruments stériles et d’antibiotiques. Les complications tardives dépendent du type de MGF réalisé. La pratique est parfois un marqueur ethnique mais sa prévalence peut être influencée par les frontières nationales. La répartition des types de MGF réalisées n’est pas non plus uniforme. Les études ont montré que les MGF sont plus courantes dans les régions rurales, dans les familles pauvres et chez les filles dont les mères n’ont pas eu accès à une éducation primaire ou secondaire. Au Kenya et en Tanzanie, la prévalence chez les femmes âgées de 45 à 49 ans est trois fois supérieure à celles ayant entre 15 et 19 ans. Malgré l’évidente souffrance, ce sont les femmes qui organisent et pratiquent toutes les formes de MGF.

L’anthropologue médicale américaine Ellen Gruenbaum rapporte que dans les années 1970, les filles excisées d’un groupe ethnique arabe du Soudan se moquaient de celles appartenant aux Zarmas en leur criant Ya, Ghalfa ! Ces derniers répondaient par Ya, mutmura ! En raison du manque d’information et du fait que les exciseurs minimisent le lien de causalité, les femmes n’associent pas toujours les MGF aux conséquences néfastes de la procédure sur leur santé. Gerry Mackie a suggéré que la pratique aurait débuté dans le royaume de Koush dans l’actuel Soudan au Ier ou au IIe millénaire av. L’examen des momies égyptiennes n’a montré aucun signe de MGF.

Quelle que soit l’origine de la pratique, l’infibulation devint associée avec l’esclavage. Nawal El Saadawi fut l’une des premières féministes africaines à s’opposer aux MGF. John Arthur rejoignit en 1906 la mission de l’Église d’Écosse chez les Kikuyus, la principale ethnie du pays. La pratique appelée irua pour les filles et les garçons consistait en une excision de type II. Aucun homme ou femme ne pouvait se marier ou avoir des relations sexuelles avec une personne non-circoncise.

En 1956, le conseil des anciens des Meru annonça l’interdiction des MGF. En 1975, l’anthropologue américaine Rose Oldfield Hayes fut la première universitaire à publier une étude détaillée sur les MGF après avoir discuté directement avec des femmes au Soudan. En 2013, de telles lois ont été adoptées dans 22 des 27 pays africains où les MGF sont concentrées ainsi qu’en Afrique du Sud et en Zambie. Seul le Mali, la Sierra Leone, le Cameroun, la Gambie et le Liberia n’ont pas de législation spécifique. En 1997, la top model Waris Dirie devient  ambassadrice de bonne volonté  de l’ONU contre les mutilations génitales féminines. MGF chez les filles de moins de 15 ans et d’éradiquer la pratique dans au moins un pays.

La juriste ougandaise Sylvia Tamale avance que l’opposition occidentale initiale aux MGF émanait du fait que les coutumes familiales et sexuelles africaines telles que la polygynie, la dot ou le lévirat étaient jugées primitives selon la culture judéo-chrétienne et qu’elles devaient être corrigées. Le débat souligne les tensions entre la défense de la tolérance par l’anthropologie et la défense des droits humains par le féminisme. Parmi les exemples d’un manque de respect envers les femmes ayant subi une MGF, les critiques soulignent l’appropriation de leur corps telle la publication en 1996 de photographies d’une jeune fille kényane de 16 ans lors de sa MGF. L’ancienne députée israélienne Yael Tamir souligne ainsi la difficulté de distinguer la mutilation de l’amélioration et donne comme exemple l’orthodontie esthétique. Au sujet des similarités entre les MGF et les autres modifications corporelles, la philosophe Martha Nussbaum note que la différence majeure est que les premières sont majoritairement réalisées de force sur des enfants.