V.S.T., N° 81 : La santé en réseaux PDF

Alors que les Etats-Unis se présentent comme les défenseurs de la Démocratie, ils ont organisé le trucages des élections en Italie, deux coups d’Etat invisibles, et n’ont pas hésité à faire exécuter le Premier ministre Aldo Moro. Les preuves découvertes au cours des dix dernières années attestent que l’armée Gladio dirigée par les services secrets italiens prit, avec la complicité v.S.T., N° 81 : La santé en réseaux PDF terroristes d’extrême droite, une part active à cette guerre non déclarée.


Comment naissent, vivent et meurent les réseaux ? Un réseau, c’est quelle surface ? Quelle étendue ? Un réseau doit-il être  » animé  » ? Le réseau est-il économie de moyens, résistance aux logiques trop instituées, nouvelle démocratie ? Faut-il rejeter les réseaux institués et imposés, aduler les spontanés. VST fait le point, donne la parole aux professionnels de santé concernés. La santé publique du XXIe siècle sera-t-elle communautaire, plus efficace, plus démocratique ?

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’Italie du dictateur fasciste Benito Mussolini s’était alliée à Hitler. Après la défaite des puissances de l’Axe, le président Franklin Roosevelt, le Premier ministre britannique Winston Churchill et le dirigeant de l’URSS Joseph Staline se rencontrèrent à Yalta, en Crimée, en février 1945, pour discuter du sort de l’Europe et prirent la décision, cruciale pour l’Italie, de placer la péninsule dans la sphère d’influence états-unienne. Les troupes US qui libérèrent le pays et instaurèrent en lieu et place de la dictature une démocratie fragile furent accueillies par les Italiens avec des drapeaux, du pain et du vin. Malgré cela, les Alliés « étaient inquiets de la situation politique de l’Italie et notamment de la menace du parti communiste dont l’influence ne cessait de croître, une situation déjà observée par le passé en Grèce et en Yougoslavie ». Il est probable que des groupuscules d’extrême droite furent recrutés et intégrés au réseau stay-behind afin de pouvoir nous prévenir si une guerre se préparait », confirma plus tard Ray Cline, directeur adjoint de la CIA de 1962 à 1966, dans un reportage sur Gladio. Dans cette optique, l’utilisation d’extrémistes de droite, à des fins de renseignement et non politiques, me semble ne poser aucun problème.

En 1947 furent créés à Washington le NSC et la CIA. L’Italie, en raison des « attaques continuelles de son puissant parti communiste » dont elle était la cible, eut le triste privilège d’être le premier pays à faire l’objet d’une guerre secrète et non déclarée de la CIA. La mission que s’était fixée l’Agence était claire : empêcher la gauche italienne de remporter les premières élections nationales de l’après-guerre, qui devaient se dérouler le 16 avril 1948. Le président Truman fut très satisfait des résultats obtenus et devint un adepte des opérations clandestines.

Dans sa fameuse « Doctrine Truman » de mars 1947, il avait spécifié : « Nous ne devons reconnaître aucun gouvernement imposé à une nation par une force ou une puissance étrangère », fondant ainsi la politique étrangère des États-Unis sur « le Droit et la Justice » et refusant toute « compromission avec le mal ». Après que le PCI eut été écarté du gouvernement, l’Italie gouvernée par la DCI pro-US fut invitée, le 4 avril 1949, à rejoindre l’OTAN nouvellement créée, en qualité de membre fondateur. Quelques jours seulement auparavant, le 30 mars 1949, l’Italie s’était dotée de son premier service de renseignement militaire depuis 1945, né de la collaboration avec la CIA. Intégrée au ministère de la Défense, l’unité secrète fut baptisée SIFAR et placée sous la direction du général Giovanni Carlo. Le SIFAR fut dès sa création « régulé par un protocole top secret imposé par les États-Unis qui constitue un renoncement total à la souveraineté nationale ». Selon ce protocole, établi en coordination avec le programme de l’OTAN, les obligations du SIFAR à l’égard de la direction de la CIA aux USA auraient compris le partage du renseignement collecté et le respect d’un droit de regard sur le recrutement du personnel, lequel devait impérativement recevoir l’approbation de la CIA. En 1951, le général Umberto Broccoli fut nommé directeur du SIFAR et, en sa qualité de membre d’un « Comité Secret », rencontra régulièrement des représentants de la CIA, le responsable du commandement de l’OTAN pour l’Europe du Sud ainsi que des responsables de l’armée, de la Marine et de l’armée de l’Air italienne.