Zola, tel qu’en lui-même PDF

Cette page est zola, tel qu’en lui-même PDF semi-protection longue. Autoportrait au béret, Émile Zola, 1902. Sa vie et son œuvre ont fait l’objet de nombreuses études historiques. Plaque commémorative apposée au 10, rue Saint-Joseph.


Lorsque Zola a choisi le mot naturalisme pour définir sa conception du roman, il n’a sans doute pas mesuré à quel point la réception de son œuvre proprement romanesque allait en souffrir. Il s’assurait ainsi une célébrité durable dans les manuels d’histoire littéraire et dans la réserve de clichés de la critique au quotidien. Mais il dissimulait, et d’abord peut-être à ses propres yeux, la véritable nature de son génie. Sans sous-estimer l’originalité et la force doctrinales de son discours théorique et critique, ni l’éclat de ses enquêtes sociales, l’analyse moderne reverse du côté du désir de récit sa fascination pour la pensée de son temps, celle de Michelet, de Lucas, de Taine, elle-même marquée par l’attrait des grands récits de genèse.
Qu’on ne soit pas dupe des raideurs du roman expérimental. Zola, tel qu’en lui-même, n’est pas un homme de systèmes et de modèles, mais avant tout un conteur, un peintre, un poète. Seul et monumental. Le public d’aujourd’hui reconnaît la démesure d’une œuvre visionnaire aux multiples profondeurs, rythmée par ses prises de vues sur les décors de l’existence humaine, sa scénographie des fièvres et des violences du corps et de l’histoire, ses glissades dans l’étrangeté et le chaos de la vie, ses détraquements du réel sous le poids des mythes immémoriaux. « Le souffle de la passion », selon les propres mots de Zola, partout présent.

Zola enfant avec ses parents, vers 1845. 10, rue Saint-Joseph à Paris, le 2 avril 1840, d’un père italien et d’une mère française. Venise, et d’Émilie Aubert, native de Dourdan. Son père, ingénieur de travaux publics, ancien officier subalterne italien, soumissionne la construction d’un système d’amenée d’eau potable à Aix-en-Provence depuis la montagne Sainte-Victoire. Les créanciers poursuivent alors la société du canal.

En 1851, Mme Aubert se rend à Paris avec son fils pour suivre les actions en justice contre Jules Migeon et les créanciers qui se disputent la Société du canal Zola. Aubert, sa mère, totalement démunie, s’occupe de l’orphelin avec sa grand-mère, Henriette Aubert. Restée proche de son fils jusqu’à sa mort en 1880, elle a fortement influencé son œuvre et sa vie quotidienne. Paul Cézanne qui reste son ami proche jusqu’en 1886.

Ce dernier l’initie aux arts graphiques, et plus particulièrement à la peinture. Dès sa prime jeunesse, Émile Zola est passionné par la littérature. Il accumule les lectures et envisage très tôt le projet d’écrire à titre professionnel. Il considère dès son plus jeune âge l’écriture comme sa véritable vocation. Ses amis d’enfance Paul Cézanne et Jean-Baptistin Baille sont ses premiers lecteurs.